Huw Pill, économiste en chef et directeur exécutif chargé de l'analyse monétaire et de la recherche à la Banque d'Angleterre (BOE), s'adresse aux journalistes à Londres
par David Milliken
Un possible relèvement des taux directeurs par la Banque d'Angleterre (BoE) ne doit pas être interprétée par les investisseurs comme le début d'une longue série de hausses, a déclaré jeudi Huw Pill, chef économiste de l'institut d'émission monétaire britannique.
"Nous ne devons pas donner l'impression que, parce que nous agissons maintenant, nous nous engageons dans une nouvelle série de hausses (…) comme celles observées en 2022 et 2023. Il s'agit d'un choc différent", a-t-il dit lors du Bangkok Economic Festival, qui se tient dans la capitale thaïlandaise jusqu'à vendredi, en marge des assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM).
Huw Pill, partisan d'un resserrement du coût du crédit depuis avril, a repoussé les prévisions des marchés financiers tablant sur quatre hausses de taux au cours des douze prochains mois.
Contrairement à la Réserve fédérale américaine (Fed) et à la Banque centrale européenne (BCE), la Banque d'Angleterre a maintenu ses taux directeurs à leur niveau actuel depuis le début de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran, déclenchée le 28 février. Les marchés considèrent cependant qu'une hausse d'un quart de point des coûts d'emprunt de la BoE, à l'issue de sa réunion de politique monétaire de la semaine prochaine, est quasi acquise.
Huw Pill a réitéré ses inquiétudes quant à la vulnérabilité de la Grande-Bretagne face à ce qu'il a qualifié de dynamique de rattrapage "insidieuse" de l'inflation, les salariés réclamant des hausses de salaire pour compenser la hausse des prix.
"Il faudra probablement une période de resserrement plus prolongée pour contenir ce phénomène", a-t-il déclaré.
La hausse des rendements obligataires dans les économies avancées reflète probablement, au moins en partie, une augmentation du taux d'intérêt neutre réel nécessaire pour stabiliser l'inflation, a-t-il expliqué.
(Reportage David Milliken; version française Claude Chendjou, édité par Augustin Turpin)

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